Toponymie

« Mesnac tiendrait son nom de la villa romaine de Menius et Vignolles de l’existence d’une petite vigne. Les noms des hameaux montrent combien la terre était pauvre : au sud la groie, au nord pain perdu, à l’est les fosses. » Reprises sur le site de la commune, deux au moins de ces affirmations sont sinon erronées, du moins douteuses ou peu pertinentes.

MESNAC : Comme mesnil dérive de mansionile, Albert Dauzat (La toponymie française, Payot, 1946, p. 277) a suggéré que le nom de la commune proviendrait de Mansionacum, mais il est très improbable qu’il y ait eu une « mansio » (relais d’étape) sur un chemin qui n’eut jamais le caractère d’une voie romaine « classique » telle que la Via Agrippa proche. Au surplus, et à supposer que le suffixe -acum se soit appliqué à d’autres noms que de personnes, le village est un peu à l’écart de cette route Ébéon-Blaye décrite par l’abbé Lacurie. On fera donc plus de fond sur l’autre étymologie proposée « en option » par le même Dauzat, dans son Dictionnaire des noms de lieux de France (en collaboration avec Charles Rostaing, Larousse, 1963) : Mesnac viendrait de Masonacum, le domaine de Maso ; le chanoine Nègre (Toponymie générale de la France, Droz, 1991) avance quant à lui Messenacum, de Messenus, mais avec si peu d’assurance qu’il y adjoint l’hypothèse de Dauzat*. En tout état de cause, le « s » étymologique, présent dans la plus ancienne mention du nom (Mesnaco, Cartulaire de l’église d’Angoulême, mais sans date), exclut Minius > Miniacum, proposé par J. Talbert (Études locales, janvier 1928, p. 39) mais qui aurait abouti comme en Bretagne à Miniac ou Ménéac. 

  • Messenus serait une altération ou une variante de Messenius, habitant de la Messénie de Grèce ou de Messine (ou surnom d’un légionnaire y ayant servi, ensuite établi en Gaule). Nègre reprend là l’étymologie d’un Messenac (Les noms de lieu du Tarn, 1954, p. 4) dans lequel le i de Messeniacum aurait été absorbé par le n mouillé, noté « nh ». La liste des exemples qu’il donne de cette transformation est loin d’être convaincante et rien n’assure qu’elle soit transposable ici. Cela étant, si Coulonge (Colonica) était une colonie accueillant des vétérans de la légion, rien n’interdit de penser que l’un d’entre eux, Messenius, ait pu être à l’origine de Mesnac. Toutefois, le Masseville proche rend plus plausible l’étymologie par Mas(s)o.

MASSEVILLE était en effet la villa de Masso, le double « s » permettant le maintien du « a » alors que, devant « s » simple, celui-ci se change en « e ». Même si Maso (la masse ou massue ?) a été un cognomen de la gens Papiria, c’est également un nom germanique, à l’origine du Masevaux alsacien, site d’une abbaye, et Masseville date de toute façon de l’arrivée des Francs, au VIe siècle, comme tous les toponymes en -ville foisonnant à l’est, dont Bréville (Berovilla)

 

Est-ce du même Maso que perpétuait le souvenir

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